Tout est si emmêlé que nous n'y voyons plus rien. Les fils se chevauchent et se croisent, sont dépendants les uns des autres et s'imbriquent dans un imbroglio innommable. Un coup de ciseau, si adroit fût-il, ne pourrait épargner. Les lambeaux échevelés. Un ange passe. "Qu'on le découpe". Un arpège de guitare et un solo de saxophone irradient dans l'absurdité. Tout s'emballe, puis retombe. Tout cet espace, ce n'est que du vent. Ce ne sont que des mots, auquel on essaie désespérément de trouver un sens. Mais tout cela en a il encore un ? La batterie résonne encore, et l'écho des dernières basses se fait toujours entendre. Il fallait bien que ça se termine.
On veut toujours tout foutre en l'air, et on remet toujours ça à plus tard. D'où cette nécessité de partir avant de tout perdre qui n'est pas vanité. On ne peut aboutir dans l'habitude. Ce serait de croire qu'on peut survivre au quotidien qui serait illusion ; cependant on préfère perdre à petit feu que de tout jouer d'un coup... comme si l'absence de choix était une façon de couper court à toute alternative qui remettrait en question une existence casanière. Et l'on part, et l'on revient. Et on se mord la queue. Et finalement, toute cette agitation semble bien désespérée...
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Parce qu'on est jamais à sa place / que ce sont toujours les moins méritants qui y arrivent / et que de toutes façons, je trouve toujours matière à me plaindre. Passons l'éponge, les cloches ne sonnent pas encore. Frapper des mains et taper des pieds. Sentir les rayons dorer et devenir écrevisse dans l'obscurité. Les beaux jours arrivent... Ce sont toujours les derniers, ceux qui nous font perdre l'envie de quitter et regretter le temps perdu. On est toujours à la recherche de temps. Nul n'est capable d'en faire usage à bon escient.
Et l'on veut se sentir autre, se couvrir de breloques pour se donner du sens. Parce que sous l'apparence, il n'y a rien, et que nous ne sommes que ce que nous paraissons être. Le reste n'a aucune importance. Bienvenue à la grande journée des costumes : la vie est un mardi gras.
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Il n'y a de rôle trop grand si l'on est un bon acteur, surtout mégalomane - et je vous déteste tous. Et que je me déteste, aussi. Quand je ne suis pas ce que je voudrais être. Quand je regarde derrière moi et que je vois que je n'ai toujours rien fait qui soit un tant soit peu digne d'intérêt. Ah, vanité, quand tu nous tiens...